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 Un prêté pour un rendu. [Evan]

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MessageSujet: Un prêté pour un rendu. [Evan]   Mer 19 Jan - 1:40

Chinatown, une heure vingt-cinq du matin, tchao frivolités du jour, bonjour angoisse(s) de la nuit pour celui où celle qui aurait eu le malheur de ne pas connaître le quartier, ses ruelles douteuses (ou en l'occurence cet entrepôt désaffecté) cachés dans l'ombre des artères plus fréquentées et sa population malintentionnée envers les touristes un peu trop naïfs / saouls / confiants (rayez ici les mentions inutiles) ; ce qui n'était pas le cas de Reagan, américain pure souche, ayant grandi à Vegas, s'étant construit à Vegas et - accessoirement - ayant usé ses fonds de culottes sur plus d'un trottoir de la ville (quartier chinois y compris) avant de préférer le confort et le chic ostentatoire des Casinos au sein desquels il gagnait sa vie désormais. Des casinos qui n'avaient d'ailleurs pas toujours été ses terrains de jeu de prédilection et, ça, l'homme qu'il attendait - debout, les mains dans les poches, le regard fixe - en savait quelque chose puisque c'est précisément avec la complicité d'Evan Callaway (entre autres) que notre protagoniste avait gagné sa vie de manière plus que douteuse avant de faire du jeu un emploi à plein, légal et reconnu par la loi comme n'ayant rien de répréhensible tant qu'exercé dans le cadre des structures appropriées (et prétendument en phase avec la législation, ce qui laissait quand même à méditer compte tenu de tout ce qui se passait dans les arrières salles de certaines établissements, mais - ça - c'était une autre histoire ...).

Evan Caleb Callaway, ami d'enfance, copain de misère, collaborateur un temps durant et ex-taulard à la loyauté infaillible. Ca, Reagan devait bien le reconnaitre. De quoi le pousser à accepter de se rendre à ce rendez-vous somme tout foireux, dans ce coin pas net qu'ils avaient fréquenté autrefois, quand couper de la cocaïne pour s'en servir de mise lors de parties de poker illégales était encore une pratique hebdomadaire pour eux. Car il ne fallait pas se leurrer, pour que Reagan Scott Bishop traine son costard cravate hors de prix jusque dans cet entrepôt qui - à ses yeux - faisait partie d'une adolescence révolue et passée à la trappe, il fallait que la personne l'y ayant invité ait une valeur particulière. Or c'était précisément le cas d'Evan. Evan qui s'était fait serrer et qui était tombé seul, alors qu'ils avaient été deux dans cette affaire de drogue et de deale tantôt traditionnel, tantôt ludique. Et même si Reagan n'avait jamais rien fait d'autre que de tenir les cartes en mettant son don au service de leurs magouilles et de leur cupidité, il n'en restait pas moins qu'Evan aurait certainement pu réduire sa peine en balançant son nom lors de son interrogatoire. Un an chacun plutôt que deux ans seul, l'idée aurait pu paraître alléchante, Bishop lui-même y aurait réfléchi s'il n'avait pas s'agit de protéger un être estimé et - quelque part (et ce même s'il n'était pas du genre à l'avouer avec des trémolos dans la voix) - précieux. Mais la règle d'or était et avait toujours été de se serrer les coudes, dans les bons comme dans les mauvais moments, dans l'opulence comme dans la dèche la plus bancale. Aussi estimait-il légitime, si ce n'est limpide, de répondre à l'appel d'Evan alors que ce dernier avait mis un point d'honneur à ne pas transgresser cette règle primordiale qui avait fait de leur amitié un atout de taille dans leurs avancées respectives.

Relevant un bras vers le ciel pour dégager sa manche avant de plier le coude et de ramener à portée de vue sa montre, Bishop s'enquit de l'heure qu'il était. Une heure trente-trois, soit trois minutes de retard. S'il n'avait pas s'agit d'un ami, il aurait tourné talons et serait rentré chez lui sans plus chercher à savoir de quoi il devait être question lors de cette entretenue, le fait étant qu'il détestait qu'on le fasse attendre. Pour Evan, il se sentait capable d'attendre jusqu'à une heure trente-cinq.
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Evan C. Callaway

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MessageSujet: Re: Un prêté pour un rendu. [Evan]   Mer 19 Jan - 10:44

La soirée de Patch avait pris une tournure assez bizarre enfin il avait eu des échos des évènements qui avait eu lieu un peu plus tôt dans la journée. Apparemment ce soir un combats avait mal tourné et un gars était décédé et quelqu’un avait laissé entendre à Ev’ qu’un des mecs présents avaient balancé son nom. Le pire dans tout ça c’est que ce soir là il n’avait même pas participé au combat même pas en temps que spectateur. Le vendredi soir il n’arrivait que tardivement dans les combats puisque de 18h à 21h il était à l’hôpital où était interné son père celui-ci était atteint de la maladie d’alzheimer depuis maintenant quelques années déjà et au début Patch n’avait pas ressentit le besoin d’aller le voir et puis à sa sortit de prison il y avait été une fois et puis c’était devenu un rituel il passait son vendredi soir là bas. C’était un alibi en béton mais c’était quelques choses dont il n’avait aucune envie de parler et encore moins au flic, pas question du coup il lui fallait un autre alibi parce qu’il n’avait pas l’intention de tomber pour quelqu’un d’autre. Si autant à l’époque il avait protégé Reagan, il ne ferait pas la même chose pour tout le monde il n’était pas du genre à balancer mais il ne retournerait pas en prison alors qu’il n’était même pas sur les lieux pendant le crime. UN combat qui tournait mal c’était pas la première fois, Ev’ avait déjà assisté à la mort de plusieurs gars, lui-même avait déjà manqué de mourir la fois on son adversaire lui avait gentiment planter un couteau dans le ventre ça lui avait laisser une belle balafre sur le ventre d’ailleurs mais bon c’est pas ça qui l’avait arrêté.

Bref Evan avait besoin d’un autre alibi et il savait que la seule personne susceptible d’accepter de lui rendre ce service c’était Reagan, et c’était aussi la seule personne à qui il se sentait capable d’avouer ce qu’il faisait vraiment. Vu de là vous devez vous dire qu’il n’y a rien de honteux à aller voir son père, c’est vrai en tant normal mais là c’était différent son père avait été son bourreau pendant plusieurs années et alors qu’il aurait pu ne pas aller le voir il en avait le droit il avait eu ce besoin d’aller le voir et honnêtement ça le tuait de devoir avouer qu’il aimait quand même son père après tout c’était la seule personne qui ne l’avait pas laisser tomber. Bref il avait donc donné rendez vous à Reagan à 1h30 là où il se voyait quand ils faisaient encore du trafic. Il ne voulait pas que quelqu’un puisse entendre cette conversation. Son amitié avec Reag’ était basé sur la loyauté et la confiance, quoi qu’il arrivait ils étaient là l’un pour l’autre c’est comme ça qu’elle avait tenu si longtemps. Ev’ était plutôt à la bourre il savait en plus que Bishop n’aimait pas vraiment qu’on soit en retard mais bon il était à quelques minutes du hangar désaffecté qu’ils squattaient à l’époque ça lui faisait bizarre de revenir dans cet endroit il n’y avait pas mis les pieds depuis trois ans maintenant. Il était 1h34 quand il gara son 4x4 dans une ruelle sombre là où il passerait inaperçu. Il fit descendre son chien de la voiture et entra dans le hangar il y trouva son ami les mains dans les poches. Il lui adressa un sourire et il lui serra la main de leur poigné de main spécial^^. Patch dit alors à son ami. « Salut Bishop… Merci d’être venu ! J’ai un service à te demandé je supposes que tu t’en doute sinon je t’aurais pas faire venir ici » Bishop c’est comme ça qu’Evan avait toujours appelé Reag, c’est comme celui-ci il l’avait toujours appelé Patch c’était même lui qui lui avait trouvé ce surnom et puis c’était resté et à présent c’était en quelques sortes la nouvelle identité d’Evan peu de personne l’appelait par son prénom puisqu’il se présentait sous le nom de Patch.

Bref Le jeune Callaway n’avait pas l’intention de passé par quatre chemin il devait savoir si Reagan voulait bien faire ça pour lui. Et puis ensuite tout les deux devaient réfléchir à quelle version il donnerait à la police si Patch se retrouvait au poste. Il n’avait aucun doute sur le fait que Reag’ ne refuserait pas de lui fournir un alibi et puis dans le fond Evan était réellement innocent alors c’était pas comme ci il le couvrait d’un meurtre ou quelques choses comme ça. Patch enchaîna alors en s’appuyant contre une table qu’ils avaient mis dans la pièce quelques années auparavant. « Bon je t’explique la situation, tu sais que je fais des combats de rues c’est pas nouveau. Bref y en a un qui a mal tourné ce soir, je te rassure tout de suite j’ai rien à voir là dedans j’étais pas à Végas. Seulement pas question que je parles de se que je faisais. Et un pote ma dit que quelqu’un avait filler mon nom à la police comme suspect numéro 1 alors je supposes qu’ils vont pas tardé à venir me cueillir. En gros ce que je te demandes c’est de me servir d’alibi… »
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MessageSujet: Re: Un prêté pour un rendu. [Evan]   Mer 19 Jan - 16:53

Le regard perdu dans la contemplation de son environnement à la fois si familier et comme terni par un voile couleur sépia qu'il identifia de lui-même comme étant celui qui donnait son aspect vieillot aux choses du passé, Reagan ne cilla que lorsqu'il entendit la porte grincer dans son dos. Pivotant sur lui-même pour rendre à Evan son sourire, il se plia au rituel de la poignée de main personnalisée qui - quoiqu'il advienne - avait la peau si dure qu'il aurait pu parier qu'ils en seraient encore à le pratiquer même une fois la barre des 50 ans passée (tout aussi puéril que cela puisse paraître et en admettant qu'ils vivent aussi vieux ...). Le chien de Patch, quand à lui, se vit gratifié d'une gratouille sans grande prétention derrière l'oreille, Bishop n'ayant jamais été fana d'animaux (mais qu'aimait au juste dans la vie ? C'était à se le demander ...). « Salut Bishop… Merci d’être venu ! J’ai un service à te demandé je supposes que tu t’en doute sinon je t’aurais pas faire venir ici » « Content de te voir Patch, on rajeunit d'une paire d'années ce soir ... » Répondit-il en englobant l'entrepôt du regard comme pour mieux sous-entendre que revenir en ces lieux ravivait chez lui une foule de souvenirs communs.

Ceci étant dit - et parce qu'Evan venait d'en faire la preuve en n'y allant pas par 4 chemins - l'heure n'était pas à la nostalgie et il se garda bien d'évoquer quoique ce soit d'inutile à la conversation pour laisser à son ami le soin de lui expliquer en détails les raisons de ce rendez-vous et donc de sa présence en ces lieux. Le discours qu'il lui tint le laissa de marbre, du moins jusqu'à ce qu'il évoque l'arrivée d'un incident lors de l'un des combats de rue dont il ne savait effectivement friand. Instinctivement - et parce qu'il était au courant pour cette drôle de maladie qui faisait qu'Evan ne ressentait pas la douleur - Reagan arqua un sourcil silencieux comme pour manifester clairement le cheminement de sa pensée qui lui faisait presque déduire que Callaway avait perdu le contrôle, ne s'était pas rendu compte de la portée de ses coups et avait peut-être fait passer l'arme à gauche à l'un de ses adversaires (c'était d'ailleurs un point sur lequel Reagan avait toujours beaucoup médité : le fait que son ami soit insensible au mal et que la douleur ne soit donc pas un frein à la bagarre ou à toute autre pratique plus ou moins dangereuse). En revanche, lorsqu'il l'entendit lui dire qu'il n'y était pour rien, ses doutes s'envolèrent et laissèrent place à une confiance pleine et inébranlable car, après tout, la règle de la solidarité s'appliquait aussi aux mensonges dès lors que ces derniers pouvaient devenir menaçants pour leur relation (comprenez par là que se mentir pour des broutilles n'avait pas d'importance, mais que se mener en bateau sur des terrains plus glissants était à proscrire). Enfin, quand il fut question d'alibi, Bishop sonda le regard de son vis à vis un long moment avant de répondre :

- Bien ... Et donc ? Où étions-nous ce soir ? De quelle heure à quelle heure ? A deux, à plusieurs ?

Simple, rapide, efficace, sans questions indiscrètes et sans leçon de morale : l'amitié telle qu'elle se devait d'être du point de vue Bishopien. Patch avait été là pour lui, il se devait de lui rendre la pareille. Un prêté pour un rendu ; une couverture pour une autre. Point.


Dernière édition par Reagan S. Bishop le Jeu 20 Jan - 23:40, édité 1 fois
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Evan C. Callaway

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MessageSujet: Re: Un prêté pour un rendu. [Evan]   Jeu 20 Jan - 10:14

Evan n’étais pas le genre de mec à demander qu’on le couvre s’il avait été coupable. Pas question d’embarqué Reag’ dans un truc où il risquerait d’être accusé de quelques choses et surtout de complicité de meurtre. Patch n’avait pas embarqué Reag’ avec lui quand il était tombé pour la drogue alors c’était pas pour le faire accusé maintenant. Patch était plutôt de nature protecteur avec les gens qu’il appréciait il est vrai que si quand il s’est fait choper pour la drogue il avait donné au flic le nom de son ami sa peine aurait été réduite ils avait cherché à négocié de toute façon mais il n’avait pas été une seule fois question pour Evan de donné au flic le nom de son pote de galère. Une confiance aveugle et une loyauté sans faille c’était ce qui le liait à Reagan quoi qu’il arrive c’était sauvé la peau de Reagan avant la sienne, vue de l’extérieur c’est peu être idiot mais après tout Bishop était son ami depuis des années ils avaient grandis ensemble, ils avaient surtout beaucoup galéré ensemble. Ni l’un ni l’autre n’avait eu une vie facile, la mère de Reag’ était une prostitué elle faisait ça pour élevé son fils unique quand à Evan lui il avait perdu sa mère et son père lui tapait dessus alors leur vie à la maison n’était pas franchement gai du coup ils s’étaient liés d’amitié comme ci c’était une évidence qu’ils étaient fait pour être ami.

Bref Patch ni avait pas été par quatre chemin, il était comme ça de toute façon pas le genre à prendre des chemins détournés pour dire ce qu’il avait à dire. Il se doutait que Reag’ ne lui refuserait pas se service mais s’il avait refusé il aurait compris après tout il lui demandait quand même de mentir à la police mais bon il ne doutait pas de la loyauté de son ami. Il avait bien sur précisé que dans cette histoire il n’y était réellement pour rien pas question de manipuler Reagan pour qu’il accepte. Bishop le regarda et lui demanda où ils étaient ce soir et de quelle heure à quelle heure, A deux ou à plusieurs. Comme Patch s’y était attendu, son ami faisait preuve de loyauté, il n’avait pas posé de question indiscrète ni lui avait taper la morale juste il acceptait tel un ami digne de ce nom. Evan adressa alors un sourire à son ami « Merci… » Ba oui c’était quand même la moindre des choses que de le remercier puis il enchaîna. « Soirée poker chez toi, juste nous deux ça te va ? On a commencé à 19h et on a terminé tard dans la nuit. Ca te convient ? Pas de témoin pour démentir nos dires et c’est dans la poche ! » C’était simple comme alibi et fortement crédible il était pas rare de les voir passé des soirées dans la suite de l’un ou l’autre pour faire des soirées poker même s’il n’était que deux. Ca devrait marché il n’y avait pas de raison que quelqu’un puisse démentir leur dire après tout pas d’autre témoin donc aucun moyen de confirmé qu’il mentait ou pas. Mais on sait jamais dans la vie et il était pas question que si ça tournait mal avec les flics et qu’ils découvrent le poteau rose que Bishop tombe avec lui il dit alors à son ami très sérieusement il attendait bien sur que Reag lui obéissent si les choses se passaient pas comme ils le prévoyaient. « Si les flics s’aperçoivent de quelques choses, je t’ai forcé à me servir d’alibi tu me dois du fric et je t’ai fais chanté oki ? » Evan était très sérieux, il était pas question que Reag’ tombe pour ses conneries enfin pour le coup là il n’avait rien fait mais après tout il était conscient d’être le coupable idéal, Ex taulard pour trafic de drogue, il avait quand même été jugé à un moment pour violence aggravé ayant entraîné la mort mais il n’avait pas été jugé coupable faute de preuve mais bon c’était quand même dans son casier du coup suivant le flic sur qui il tomberait il y avait de grande chance qu’il ne cherche pas plus loin que le bout de son nez. Il s’attendait fortement à entendre qu’il n’était pas très crédible vue ses antécédents judiciaires… C’était pas la première fois qu’on la lui sortait celle là. « Ca fait bizarre de se retrouver ici !! C'est qu'on en a passé du temps dans ce vieux hangar!! » Ah nostalgie quand tu nous tiens, c'était une belle époque si c'était à refaire Evan recommencerait comme il l'avait fait en évitant la case prison mais bon dans le fond ça n'avait fait que le renforcer un peu plus la prison, et puis ses talents de combats lui avait pas mal servie pour se faire respecter et pas se faire emmerder surtout.

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MessageSujet: Re: Un prêté pour un rendu. [Evan]   Ven 21 Jan - 1:37

« Merci … » Reagan hocha la tête comme pour répondre qu'il n'y avait pas de quoi et ce, pour une fois, non pas pour flatter son orgueil en jouant le rôle du grand seigneur à la modestie hypocrite, mais bel et bien parce qu'il estimait devoir ce service à Evan. Un devoir que leur lien d'amitié transformait en acceptation pure et simple, sans impression d'avoir à le faire par reconnaissance et avec réticence. Et c'était bon pour lui de se rendre compte qu'il était encore capable, parfois, de ne pas agir que par intérêt ou dans l'optique de demander autre chose en retour. En ça, en cette capacité qu'il avait de faire ressortir cette infime part de bonté en lui, Callaway était un être exceptionnel.

De là, la discussion dévia sur l'aspect pratique des choses et Reagan, toujours aussi réceptif et silencieux, tâcha d'imprimer les informations le plus clairement possible afin de pouvoir les resservir de manière spontanée et naturelle lorsque viendrait le moment de témoigner en la faveur de son ami. Poker - Chez lui - A deux - Début de la soirée 19H - Fin de la soirée située grosso-modo à la mi-nuit ; tout ça vint s'inscrire sur la carte mémoire de son cerveau qu'il passa en mode replay de façon à se le répéter encore et encore jusqu'à être certain d'être capable - quoiqu'on lui pose comme question - de broder et de répondre toujours de la même façon en convergeant à chaque fois vers ces informations capitales. Parallèlement, son esprit fit un résumé rapide de ce qu'il avait réellement fait au cours de la soirée pour tenter de savoir si qui que ce soit aurait éventuellement pu démentir leur faux témoignage. Par chance, il ne s'était rendu dans aucun des casinos qu'il avait l'habitude de fréquenter et ce pour la simple et bonne raison qu'il s'était dit - après avoir reçu l'appel et l'invitation d'Evan - qu'aller jouer était le meilleur moyen de se laisser gagner par le démon de la vanité et de ne plus savoir s'arrêter jusqu'à avoir gagner assez d'argent pour dégouter tous les autres joueurs à la table, chose qui prenait parfois un temps fou (temps proportionnel à la difficulté de combler son égo démesuré ...) et qui aurait alors pu lui faire rater l'heure du rendez-vous. En définitive, donc, cet alibi se tenait plutôt bien car Reagan avait effectivement passé une bonne partie de sa soirée chez lui. Et comme il était de notoriété publique qu'il était un voisin au caractère épouvantable, les flics se retrouveraient dans l'incapacité de savoir si oui ou non on avait vu Callaway pénétrer chez lui puisque tout le monde à l'entour avait depuis bien longtemps abandonné l'idée de s'intéresser à la vie de ce " connard de nouveau venu, proprement imbu de sa personne et définitivement trop égoïste pour aider la locataire du 16 ème - enceinte - à monter ses paquets de courses quand il la croisait dans les escaliers ".

« C'est noté, compte sur moi. » Finît-il par conclure sans pouvoir retenir l'un de ces clins d'œil complices qu'il avait trop souvent pris l'habitude de décocher à Evan quand tous deux préparaient de mauvais coups en douce. « Si les flics s’aperçoivent de quelques choses, je t’ai forcé à me servir d’alibi tu me dois du fric et je t’ai fais chanté oki ? » Bien qu'étant conscience du sérieux de Patch et du fait qu'il pensait très sincèrement ce qu'il disait, Reagan l'arrogant ne put retenir un sourire plein de confiance en lui, en eux et en leur capacité a entuber n'importe qui quand ils se donnaient la peine de brouiller les pistes comme ils savaient si bien le faire à l'époque. « Dis pas de conneries, on ne se fera pas prendre. » Affirma-t-il, insolent pour deux. « Eh puis de toute façon tu me vois, moi, te devoir du fric ? CA c'est pas crédible ! » Le taquina-t-il en resserrant avec des gestes maniérés le nœud de sa cravate comme pour se la jouer nouveau riche et détendre l'atmosphère (s'il est vrai qu'on ne badine pas avec la liberté, il était aussi hors de question de laisser une seule seconde la place à l'idée de se faire prendre s'installer dans son esprit, il se savait bien trop malin pour ne serait-ce qu'envisager cette possibilité).

« Ca fait bizarre de se retrouver ici !! C'est qu'on en a passé du temps dans ce vieux hangar !! » « Hum ... Ça m'étonne que tout y soit encore à la même place que la dernière fois que nous y sommes venus ... Me dis pas qu'en plus d'avoir balancé personne t'as aussi refusé de livrer la planque aux flics ? Regarde : couche de poussière uniforme, chaises exactement au même endroit que la dernière fois qu'on s'est levés et ... » Contournant Evan pour s'approcher d'un coin dans lequel s'empilaient plusieurs caisses en bois, Reagan se mit à fouiller avant de laisser un rire incrédule s'échapper d'entre ses lèvres entre-ouvertes d'étonnement. « J'y crois pas, regarde ! » Sortant un sachet plastique de la paille que contenait l'une des caisses, Bishop se retourna vers Patch avant d'extraire plusieurs paquets de cocaïne du sachet. « Elle est restée planquée là tout ce temps, c'est ... Impressionnant. » Ricana-t-il, moqueur envers l'incompétence de la police et - pour le coup - envers celle des voleurs en tous genres qui pourtant ne manquaient pas dans le quartier. Que cette drogue ait survécu au passage du temps le fit rire encore un moment avant qu'il ne lance les paquets en direction d'Evan pour que celui-ci les rattrape. « Alors dis-moi, c'est fini le deale maintenant ou ton repenti post-libération n'aura duré que le temps de te remettre en selle ? »

A ce moment précis, on aurait pu se demander si Reagan était l'ami idéal et l'on aurait eu bien raison de douter. Le rôle d'un ami n'était-il pas de savoir dissuader l'autre quand ce dernier se mettait en danger ? Ou quand il avançait sur un terrain miné ? Apparemment pas, du moins pas aux yeux de Bishop qui se moquait bien de savoir si dealer était moral ou pas. Partant du principe que la vie était avant tout faite de choix, et qu'il n'aimait pas qu'on le contredise dans les siens, l'idée de chipoter sur ceux que pouvait faire Patch lui apparaissait comme tout sauf pertinente.
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MessageSujet: Re: Un prêté pour un rendu. [Evan]   Sam 22 Jan - 20:40

Evan avait expliqué la soirée qu’il imaginait pour lui servir d’alibi ce qui était bien avec Bishop c’est qu’il ne lui avait pas posé de question sur ce qu’il faisait vraiment. Il le croyait sur parole et c’est comme ça que Patch voyait l’amitié une confiance aveugle l’un en l’autre. Reagan pouvait être sur de pouvoir compter sur Ev’ quoi qu’il arrive après tout, il le lui avait déjà montré mais ce n’est pas pour ça qu’il ne le referait pas une seconde fois. Callaway était loyal c’était une de ses qualités principales et trahir un ami se serait se trahir lui-même il en était pas question quoi que ça lui coûte il ne dénoncerait jamais un pote à lui et surtout pas Bishop. Ils étaient liés par un lien d’amitié fort, et il ne voulait pas perdre ça. Bref Reag’ lui dit alors qu’il avait noté tout ce qu’il lui avait dit il avait agrémenté sa réponse d’un clin d’œil qu’Ev’ connaissait bien, son ami le lui avait fait plus d’une fois dans le temps de leur combine.

Patch avait alors dit sérieusement que si ça tournait mal Reag’ devait en gros tout lui mettre sur son dos. Celui-ci lui répondit alors qu’il ne devait pas dire de connerie et qu’ils ne se feront pas prendre et puis sur le ton de la plaisanterie il ajouta que ce n’était pas crédible que LUI, il lui doive du fric il n’avait pas tord lui le champion en titre de poker et plein au as à présent c’était difficile de croire un mensonge pareil enfin bref Ev’ laissa échapper un rire et n’ajouta rien après tout Reag’ n’avait pas tord il n’y avait aucune raison qu’ils se fassent choper. Patch avait alors évoqué les souvenirs en disant que ça lui faisait bizarre d’être de nouveau ici, vu le temps qu’ils avaient passé ici. Son ami lui répondit alors que ça l’étonnait que tout soit encore à la même place que la dernière fois qu’ils étaient venus, il lui demanda alors indirectement s’il avait refusé de balancer leur planque en plus de ne balancer personne. Evan n’avait rien dit, il avait refusé de donner cet endroit, il n’en avait pas eu le cœur il avait passé tellement de temps ici, ça avait été sa seconde maison pendant plusieurs années son refuge pour être loin de son père alors pas question que les flics retourne quoi que se soit ici. Il répondit alors à Reag’ « Que je dise ma planque ou pas ma peine n’aurait pas été révisé alors j’ai gardé ça pour moi !! Et puis je dois avouer que j’avais aucune envie qu’ils viennent fourrer leur nez ici après tout ça à été pendant pas mal de temps notre chez nous. » Bishop avait fait des commentaires sur les couches de poussière uniforme sur les chaises toujours au même endroit puis il s’était dirigé vers des caisses en bois où Evan avait l’habitude de cacher sa dope. Et à sa grande surprise son ami trouva quelques sachets encore là, Ev’ se souvenait plus qu’il y en avait encore et puis il ne pensait pas qu’elle serait resté ici sans que personne ne la trouve en 3 années. Il dit alors à son ami « Putain je me souvenais plus qu’il y en avait encore ça prouve que les flics sont pas très futé dans cette ville » Après tout ce n’était pas faux ils n’avaient jamais trouvé leur planque la preuve même la dope était encore là c’était quand même abusé à croire qu’ils n’avaient même pas pris la peine de chercher ce n’était pas plus mal au moins leur endroit restait secret. Bishop lui lança les sachets qu’il rattrapa avec habileté et celui-ci lui demanda alors si le deale était totalement fini pour lui ou si son repenti n’avait duré que le temps qu’il se remette en selle. Evan posa alors son regard sur les sachets qu’il avait dans les mains. Pourquoi ne pas reprendre juste le temps de liquider la dope qui restaient après tout ils avaient peu de chance de se faire chopper pour si pu et après tout maintenant ils étaient beaucoup moins repérables qu’à l’époque. Seulement si lui se remettait en selle il le faisait avec Reag’ comme au bon vieux temps. Il répondit alors à son ami en lui relançant la moitié des sachets. « Moitié, moitié on liquide ce qui reste ça sera le point finale à nos magouilles et puis se serait con d’abandonné toute cette dope. Il y en a encore pour bonbon !! » Trois sachets chacun ça n’allait pas être difficile de refourgué ça et ils ne leur faudrait pas longtemps. Et puis ça serait leur coup de grâce, le point finale à leur trafic, ils n’avaient pas eu la chance de pouvoir choisir quand est ce qu’ils finiraient c’était l’occasion pour eux de finir en beauté comme on dit et puis il y avait bien de quoi se faire 100000 dollars chacun en la coupant alors autant en profiter et ne rien gâcher.

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MessageSujet: Re: Un prêté pour un rendu. [Evan]   Dim 23 Jan - 4:33

Surpris par le retour de projectiles, Reagan rattrapa de justesse les sachets qu'Evan lui renvoya en insistant sur le terme " moitié-moitié ". Prenant lui-même le temps de la réflexion en observant la drogue au creux de ses mains, il eut tout d'abord une pensée pour la double prise de risque à laquelle cette soirée semblait vouloir l'inviter. D'abord le faux témoignage en faveur de Patch et maintenant cette incitation à reprendre la magouille, même si ce n'était que le temps d'écouler le reste de ce stock retrouvé ... Si Reagan n'avait pas eu autant confiance en lui-même, il aurait très certainement refusé l'offre et renvoyé les sachets en direction de son ami en lui faisant part de tout ce qu'il avait à perdre désormais : titre professionnel, réputation, biens matériels ... Mais, quelque part, refuser quoique ce soit sous prétexte de ne rien perdre revenait à avouer qu'il était enchainé à ses possessions, or l'idée même d'être dépendant de quoique ce soit ne pouvait cohabiter au sein de son esprit avec cet orgueil démesuré qui le caractérisait tant. Un orgueil qui - au final - lui faisait prendre des risques inutiles, mais - de ça - il n'en avait rien à faire.

L'argent n'était plus un problème depuis qu'il était devenu professionnel. Ses tournois lui rapportaient largement de quoi vivre et de quoi se permettre quelques folies. Non, tout l'intérêt de la chose, ici, se trouvait dans le défit et dans le sourire d'un Patch qu'il était finalement content de retrouver ici, dans ce cadre pourtant glauque. A croire que leur vie sur le fil de jeunes adultes aux magouilles illégales gardait cet attrait particulier au goût de liberté et d'adrénaline : deux choses qui manquaient cruellement à la vie de Reagan qui - bien que foncièrement libre de faire ce qu'il voulait - ressentait assez rarement l'adrénaline d'avoir fait un choix plutôt qu'un autre. Peut-être était-ce d'ailleurs là la rançon de la gloire. Riche et tranquille, il n'avait pas vécu la prison, il n'était pas serveur, il ne galérait pas. Mais tout avoir d'un claquement de doigt faisait perdre de sa saveur au quotidien et l'opulence finissait peu à peu par rimer avec ennui.

- Je te suis. Finit-il par conclure, un sourire au coin des lèvres, en rangeant les sachets de cocaïne dans ses poches. Tu connais des tables où miser des doses pareilles ? Je t'avouerais ne plus avoir joué en partie privée depuis ... Enchaina-t-il en s'arrêtant pour compter mentalement le temps écoulé depuis sa dernière partie illégale. Depuis ton arrestation, en fait. Je plume des touristes maintenant quand j'ai besoin, tu verrais le nombre de pigeons qui viennent jouer avec la certitude de gagner ... C'en serait presque inquiétant pour les statistiques en terme de connerie humaine par kilomètre carré, je pense que la ville à elle seule explose tous les records.

Hautin et moqueur, il s'accorda une expiration amusée tout en s'adossant au mur contre lequel les caisses étaient entreposées. Critiquer les étrangers et se croire le roi du monde, CA c'était un retour en arrière plus qu'attendrissant.

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Un prêté pour un rendu. [Evan]

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